Manuel de self défonce (1/6) Déconstruire Noémie

Manuel de self défonce (1/6) Déconstruire Noémie

La Self Défonce, c’est bien plus qu’un concept, c’est l’utilisation des paradoxes de l’autre.

Très utiles dans les dîners mondains où tu dois avoir ta place autant que dans les dîners de famille, de potes et de ton association de quartier.

Cette « méthode » te permettra :

  • De voir tes couilles gonfler à vue d’œil
  • De gagner le respect des minorités de ton environnement
  • De montrer aux filles que tu peux être un homme sans être un macho de merde
  • De montrer aux féministes que le patriarcat est aussi multiculturel que le reste

Je vais raconter cela comme de petites anecdotes. Tout ce que tu vas lire, je l’ai vécu.

Une soirée dans l’immense coloc de potes notaires, je sors d’un RDV important, je suis en costume (sans cravate, soieyeusement gardée dans ma poche si jamais je dois bander des yeux ou mettre une laisse de fortune à ma bite qui aurait envie de sauter la misscouettes qui se resserre du ponche).

J’arrive, je m’installe je claque des bises et salue des gens dont je m’efforce de retenir le prénom. Je suis le seul mec en costume mais je sors d’un RDV important et je n’allais pas me déguiser en bobo berlinois non plus. Arrive une fille en sarouel / rasta blonde / trucs ethniques dans les cheveux. Blonde aux yeux bleus évidemment.

Elle me lance un « alors tu sors de la banque ? » J’ai failli l’enchaîner avec un « non je sors de ta maman » mais mes années banlieue sont loin derrière moi et je ne me suis contenté d’un « non un rendez-vous important. Et toi tu sors d’un clip de Tryo ? »

Sans trop savoir pourquoi Madam.e le prend mal et nous ne nous saluons pas plus que ça, elle souffle et s’éloigne. Je me sens un peu mal à l’aise mais finalement la soirée continue.

A un moment dans la cuisine je vais au stock de saucisson et je coupe de fines tranches pour les gens. Elle est à côté et parle de sa mission humanitaire qu’elle a terminé récemment. Elle enchaîne en disant que les « les français c’est des fachos de toute façon ». Du coup j’interrompt ce moment solennel qu’est la coupe de saucisson en lui demandant pourquoi elle disait ça.

Elle me dit que je ne suis pas concerné par la discussion et que de toute façon je ne pourrais pas comprendre. Là du coup je passe en mode casse-couille niveau 1

« Mais permet moi de te demander qu’est-ce qui dans mon attitude, mon comportement ou mes propos te fais dire que je n’ai pas l’intelligence pour comprendre ce que tu dis ».
« Nan mais t’inquiète c’est pas grave »
« Tu viens de faire une généralité qui te concerne, je pense que les généralités génèrent beaucoup de souffrances, si tu veux je peux t’aider à déconstruire cette représentation que tu as en disant que les français sont des fachos ».

Là ses yeux se sont écarquillés dès que j’ai dit « déconstruire ». Je commence à la sentir mal à l’aise devant sa pote qui regarde la scène sans rien dire. L’emploi d’un terme de leur sémantique fait bugger les féministes-mondialistes. Tu dois apprendre leurs mots-clés et concepts-clés

« Nan mais c’est bon je n’ai pas besoin de ton aide retourne couper ton saucisson de viandard ».

Je sens que ce n’est pas la peine d’en rajouter plus, je retourne couper mon saucisson en soufflant un petit « t’avais l’air d’être une personne avec qui on pouvait parler, à plus tard ».

Je me positionne ici en victime. Elle a insulté ma communauté, je suis intervenu, elle a refusé le dialogue, a rajouté un qualificatif abject (le saucisson c’est de la viande ?)

Je termine mes deux dernières tranches sans écouter ce qui se dit et en sortant de la pièce je prends soin de placer sous son nez les tranches de viandes, le couteau, le tout sur une belle planche d’arbre que j’espérais d’une essence rare et lointaine sur le moment tout en plaçant un petit « Ah désolé » accompagné d’un clin d’œil de mise en chauffe.

Plus tard dans la soirée les discussions vont bon train, on parle de tout et de rien. Vient le sujet des différences de salaires hommes / femmes.

Là la configuration physique est différente, nous sommes presque tous en cercle autour du pc d’un des gars qui montrait je ne sais quoi. Notre amie féministe-mondialiste que j’appellerai Noémie dit que cela existe toujours et que ce n’est pas normal que les femmes gagnent moins.

Un petit blanc s’installe et du coup un grand blanc ouvre sa gueule, moi.

« Tu sais je ne suis pas sûr que ce soit le cas partout ». Vous remarquerez que je n’affirme rien, je suppose presque.

« Si à partir du mois de (octobre ou novembre je ne sais plus) les femmes bossent bénévolement »

Là méthode ultra efficace :

« Est-ce que c’est ton cas ? »

« Oui ça m’est déjà arrivé »

« A poste, qualification et expérience équivalents ? »

« Ce que je te garantie c’est qu’un collègue embauché en même temps que moi gagnait plus »

« Était-il plus expérimenté que toi sur ce travail ? Était-il plus âgé ? »

« Cherche pas à noyer le poisson c’est une réalité » et là elle me cite des stats que j’ai oublié.

« Ok, moi je n’y ai jamais été confronté et je ne connais personne qui y ait été confronté ». Je m’adresse aux autres « est-ce que ça vous est arrivé ? »

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’elle me coupe la parole

« Qu’est-ce que t’essaie de prouver là ? Que je mens ? »

« Mais pas du tout j’essaie de voir si ce que tu dis se vérifie chez les gens qui sont là ce soir ». Toujours avec le sourire évidemment. Un de mes potes sent que ça monte trop haut et du coup calme le jeu en disant « Nan mais ça existe et peut être que personne ici n’est concerné, allez c’est la fête »

Etant donné que j’ai la force de n’avoir aucun égo dans ces moments là je lâche l’affaire ce qui l’arrange grandement, elle, couchée sur le côté, la paume de la main vers le sol.

Plus tard la soirée se poursuis sur un balcon, j’ai serré les temps durant la soirée quand les sujets de mâles oppresseurs, de minorités oppressées, de manque de respect des femmes étaient abordés. Je me suis même retrouvé à un moment avec des gars qui parlaient de foot.

Quand soudain

Oui soudain

La lumière est apparue

Je suis sur la terrasse, contemplant vaguement ce que la civilisation de cette ville a pu bâtir au fil des siècles et une odeur piquante me monte au nez. Pas de la moutarde de Dijon non mais bel et bien Noémie qui s’allume un pétard.

L’occasion était parfaite. Je quitte le groupe de gars pour m’approcher du sien. Elle se demande bien ce que je viens faire, ça se voit dans la manière dont sa main tient son poignet. Elle doit se prendre pour une de ces filles des années 30 mais en sarouel.

« Eh Noémie, c’est du Cannabis ? »

« Qu’est-ce t’as t’es de la police ? »

« Non pas du tout j’ai juste une question, c’est ta fabrication perso ou t’as acheté ça à ton dealer ? »

« Qu’est-ce que ça peut te foutre ? »

« Tu as parlé toute la soirée d’oppression des minorités par les mâles blancs donc je vois deux options en fait :

1 – C’est ta fabrication perso ou ton cousin qui fait pousser ça en Ardèche donc moi ça me convient

2 – Tu as acheté ça à un dealer. Donc un mec qui vit de la drogue consommée par les petits bourgeois dans ton genre. Ce dealer est probablement issu d’une minorité qui est coincée dans ces trafics. Cette minorité opprime femmes et enfants dans les pays où sont fabriqués la drogue.

Tu vois où je veux en venir ? »

Là gros silence, l’une de ses copines fait une petite inclinaison de la tête pour acquiescer en silence ce que je viens de dire. Mais elle reste solidaire de sa copine. Et puis le tabagisme passif c’est un vrai truc faut croire.

« Nan je vois pas nan et puis c’est pas ton problème et puis de toute façon l’alcool c’est pas mieux »

« Certes » lui répondis-je, mais garde une chose en tête, les vignerons ne demandent pas à leurs mères de planquer le raisin, les vignerons ne se finissent pas à la Kalachnikov sur le vieux port, les vignerons payent leur TVA. Je pense qu’ici l’oppresseur (j’ai bien dit point E) c’est toi. »

Je termine par un clin d’œil et retourne parler avec les gars en tournant le dos.

J’ai été surpris qu’elle ne s’énerve pas plus après ça. Peut être les effets de la came, peut être que j’ai eu raison, peut être que je n’en sais rien.

Ce qui est sûr c’est que je l’ai baisée. Je lui ai fait du gros sexe oral sans sortir ma bite. Juste de la salive de mots.

Morale de cette histoire, il faut attaquer sur les actions et les arguments (mais en mode défoncif, toujours)

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Merci pour ce moment de pure détente, j’espère que tu en a encore en réserve, écouter des bobos gauchistes se faire allumer et les prendre à leur propre jeu, c’est jouissif

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C’est exactement de la domination par l’amour à travers la pédagogie, bien joué mec ta répartie est super bonne.
Je me permettrai de te piquer quelques arguments histoire de me marrer si j’ai le moyen d’en replacer.
En tout cas belle performance !

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Bien joué.

Pour attaquer un ennemi, il faut l’accuser de n’être pas assez de son camp.

Si tu l’accuses d’être un gauchiste, il va te dire oui et alors.

Par contre, si tu l’accuses de pas être assez gauchiste, la il est dans la merde.

C’est exactement ce que tu as fait.

Bien joué.

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Merci pour ton message, c’est bien écrit.

Le soucis avec ce genre de personnes, c’est que leurs positions ne changeront presque jamais (même avec un dialogue, claire et rationnel), faisant tout pour défendre leurs idées car mêlées à leur identité. La fille la est sûrement pas prête à évoluer, et se trouve supérieur moralement, la ou elle peut encore effleurer une once de domination.

Même si tu as raison et quel a tord ? A quoi bon ? Pour t’amuser de tant en tant pourquoi pas.
Mais ce genre d’énergumène le conflit devrait se résoudre en 20s et encore

-> tu n’est pas bienveillante -> tu veux me dominer ?

« Bonne soirée »

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Content que cet écrit vous ait plu. J’en ai quelques autres en réserve. Je suis d’accord avec ce que vous avez écrit.

J’ai pris le temps d’échanger avec elle en faisant en sorte que les autres entendent un peu. Là même après tout ce temps les gens que je recoise se souviennent encore de ce moment.

Mais tout ça c’est de l’amour :smirk:

Hâte de lire la suite !

J’ai beaucoup aime ce passage:

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